Les éditions PUF, dans le cadre de leur collection "Que sais-je?" consacrent un livre sur l'Astrologie. Mais ils en confient la rédaction à deux astrophysiciens qui ne l'ont jamais pratiquée et qui pourtant l'ont copieusement critiquée ! En plus, au détriment de Mme Suzel Fuzeau Braesch.

Scandales et réactions dans le milieu astrologique.

Voici l'article de Caroline Malet sur le site du Figaro: cliquer ICI.
(S'il n'est plus accessible, vous en trouverez une copie en deuxième partie de cette page)

Voici la réponse que notre Président, Alain de Chivré, a faite au nom de la FDAF et des astrologues que nous représentons.

 

De la part de la FEDERATION DES ASTROLOGUES FRANCOPHONES

41-43 Rue de Cronstadt 75015 PARIS Tel 01.42.50.12.28

 

A l’attention du responsable de la rubrique Science et Santé de Le figaro.fr et de Caroline de Malet, auteur de l’article « L'astrologie peut-elle être considérée comme une science ? » paru  le 28 avril 2005.

 

QUELQUES QUESTIONS AUX EDITIONS PUF

 

Nous avons lu avec intérêt votre article sur le nouveau « Que sais-je ? » consacré à l’astrologie. En tant que Fédération Des Astrologues Francophones représentant plusieurs centaines d’astrologues et astrophiles, vous comprendrez que nous nous sommes sentis très concernés lors de la récente sortie de cette nouvelle édition. Nous aimerions aujourd’hui vous faire connaître notre point de vue à propos de ce véritable événement dans la communauté astrologique, veuillez le croire.

Il y a bien sûr un désaccord fondamental sur le fait qu'une collection universitaire (dont la rigueur et la déontologie ne devraient pas être mises en cause) puisse se permettre de confier la rédaction d'un ouvrage sur l'astrologie à des personnes qui sont plutôt dans le camp ennemi (l'astronomie). Imaginez un instant que le PUF ait confié la rédaction d'un ouvrage sur l'astronomie à des astrologues … (même universitaires) cela aurait fait scandale. Il y a de quoi être indigné, et nous le sommes. C'est à ce titre que nous vous demandons de faire part de notre indignation à vos lecteurs.  

Comme le résume bien l’article de Caroline de Malet il existait déjà 2 numéros intitulés « L’astrologie » : le premier (N°508) écrit dans les années 50 par Paul Couderc, astronome et militant rationaliste, se voulait ouvertement opposé à l’astrologie, et le second (N°2481) écrit à la fin des années 80 par Suzel Fuzeau-Braesch, biologiste au CNRS, était cette fois-ci résolument tourné vers la possibilité d’une consistance de l’astrologie. Jusqu’à aujourd’hui, donc les deux points de vue coexistaient objectivement dans la même collection, et vous savez combien ce sujet est polémique. Mme Fuzeau-Braesch elle-même n’a pourtant pas réussi à obtenir de réponses claires des PUF concernant les quelques points que nous soulevons ci-après.

 

En se voyant attribuer le N°2481, le dernier « Que sais-je » ne se contente pas de mettre à jour la discussion autour de l’astrologie, il écrase littéralement le précédent « 2481 » de Mme Fuzeau-Braesch puisque 2 mêmes numéros ne peuvent pas coexister dans cette collection. Bien que les auteurs développent le même point de vue que Paul Couderc dans le N°508, pourquoi a-t-on alors choisi d’effacer purement et simplement celui qui développe avec sérieux l’autre regard sur le sujet ? N’y a-t-il pas doublon ? Nous fera-t-on croire qu’il s’agit seulement d’un problème de numérotation ? Les motivations de cette décision nous semblent aller au-delà d’un simple problème comptable : il y a en effet dans cette collection plusieurs dizaines d’ouvrages consacrés à la Philosophie, et combien sur le thème de l’astronomie ? Un même thème permet de développer de nombreux sujets, la moindre des choses du point de vue rigueur et déontologie, nous semble-t-il, aurait donc consisté en la publication d’un troisième ouvrage intitulé « L’astrologie face à la Science », sujet qui ne recouvre qu’une partie des problématiques de notre discipline.

 

En effet, il n’est nulle part question « d’astrologie » dans ce nouveau « Que sais-je ? », il y a une présentation technique de son système (imaginez la caricature des charmes de l’astronomie présentée uniquement sous l’angle mathématique de la loi de Newton ou du célèbre E=MC² !), un rapide historique, puis une confrontation avec la Science et les Sciences Humaines. Mais quand nous parle-t-on du contenu des croyances des différents courants astrologiques en Europe (puisqu’il s’agit « d’astrologie occidentale »), de leurs oppositions, de la représentation de l’être humain à travers notre discipline, ou des compétences de l’astrologue, sinon sur 1 ou 2 pages dans tout l’ouvrage ??? Nous ne pouvons qu’encourager les éditions PUF à envisager de confier à des professionnels (universitaires si nécessaire) le projet de rédaction d’un véritable ouvrage à intituler « L’astrologie », qui mettrait à jour les problématiques réelles qui concernent les astrologues aujourd’hui, libre à eux ensuite de juger si le résultat est assez bon pour entrer ou non dans leur collection. C’est d’abord une question de principe à laquelle nous aimerions obtenir une réponse des éditions des Presses Universitaires de France.

 

Pour répondre enfin au classique argument de la précession des équinoxes que vous avancez dans cet article, citons Mr Zarka lui-même (conférence à l’Observatoire de Meudon, 1997) : « L'argument très utilisé selon lequel l'astrologie ne vaut rien parce qu'elle ignore la précession (…) est très dangereux. Il est d'ailleurs mentionné et réfuté dans la plupart des livres d'astrologie ». En effet, il n’y a que les non initiés à l’astrologie qui la voient utiliser des constellations, les astrologues eux, ne le font plus depuis près de 2.000 ans ! Si la précession des équinoxes pose un problème, c’est à la rigueur vis à vis du contenu du symbolisme que nous utilisons, mais non du fondement du système astrologique en lui-même : comment réagiraient les mathématiciens contemporains s’ils étaient accusés de faire de la numérologie comme leurs ancêtres grecs (quel anachronisme !) ? Comme nous, probablement.

 

Alain de Chivré, Président de la Fédération Des Astrologues Francophones

FDAF@fdaf.org

 

 

 

PSYCHOLOGIE Un nouvel ouvrage consacré au sujet relance le débat
L'astrologie peut-elle être considérée comme une science ?
 

Caroline de Malet
[28 avril 2005]

«Issue d'un mariage contre nature entre une religion astrale et une rationalité rigoureuse héritée des Grecs, l'astrologie semble indestructible depuis des siècles.» Cette rationalité suffit-elle pour autant à l'ériger au statut de science ? Pour Daniel Kunth et Philippe Zarka, les deux coauteurs d'un nouveau «Que sais-je ?» (1) consacré au sujet, une réponse par la négative s'impose, même si l'utilité de l'astrologie ne fait aucun doute.


De quoi relancer le débat, alors que les auteurs des «Que sais-je ?» précédents consacrés au sujet ont soutenu des thèses radicalement différentes. Paul Couderc, encouragé par la croisade de l'Union rationaliste depuis les années 70, avait ouvert le feu en 1984 avec un pamphlet scientiste ridiculisant l'astrologie. La réponse du berger à la bergère était alors venue de Suzel Fuzeau-Braesch, docteur en biologie et directeur de recherche au CNRS, qui, dans une édition de 1989, avait pris résolument parti pour l'astrologie, dans le contexte de fin de siècle favorable à l'éclosion et à la prolifération des croyances paranormales.


Or les PUF ont retiré ce dernier ouvrage de la vente, pour en confier la nouvelle version à deux autres auteurs. Daniel Kunth – astronome et déjà auteur d'un livre sur l'astrologie avec le psychiatre Edouard Collot – et Philippe Zarka, astrophysicien, respectivement directeur et chargé de recherche au CNRS, cherchent, dans ce nouveau texte, à cerner les raisons de la permanence de l'astrologie, en dépit d'un fondement scientifique invraisemblable pour les chercheurs qu'ils sont.


Les auteurs ne se contentent donc pas d'expliquer au grand public ce que sont un thème astral, un signe, une maison, un ascendant ou encore un luminaire. L'ouvrage s'attache longuement à décortiquer la nature des relations ambiguës qui lient l'astrologie et la science. «C'est à partir du moment où l'astrologue introduit l'interprétation de l'horoscope que le divorce entre astronomie et astrologie est consommé, expliquent les auteurs. Un ciel pour deux dérange...» Et de s'efforcer de démontrer l'illusion scientiste de cette discipline. Pour preuve, le phénomène de la précession (rotation) des équinoxes, qui invalide à leurs yeux les bases scientifiques des cartes du ciel utilisées par les astrologues contemporains. Car l'orbite de la Terre n'est pas fixe par rapport aux étoiles, puisque son axe de rotation fait un tour sur lui-même tous les 25 800 ans environ. Si les douze signes du zodiaque portaient à l'origine les mêmes noms que les constellations auxquelles ils furent apparentés, la superposition n'est plus vraie aujourd'hui. Résultat : le signe du Bélier recouvre désormais la constellation des Poissons.


Les auteurs mettent également en avant, par exemple, les nombreuses différences qui séparent l'astrologie indienne, d'origine karmique, et l'astrologie occidentale. Et d'en déduire que «la diversité des modèles et des points de vue n'est pas une objection fondamentale à l'émergence d'une discipline, mais leur persistance dans le temps et leur mutuelle ignorance, voire leur incompatibilité, ne militent pas pour la scientificité de l'astrologie».


Et ce n'est pas non plus l'analyse statistique qui permet, selon eux, de valider les propositions de l'astrologie de naissance, qu'ils différencient bien de l'astrologie événementielle.


Suzel Fuzeau-Braesch considère sur son site Web (2) qu'«il s'agit là d'une entreprise d'attaque de l'astrologie scientifique et non d'un exposé objectif digne de l'encyclopédie sérieuse des PUF». Pourtant, les auteurs ne nient pas l'utilité sociale de l'astrologie, même si celle-ci relève à leurs yeux de la psychologie et oeuvre davantage dans le champ de l'affectivité que de la rationalité.

(1) L'Astrologie, Daniel Kunth et Philippe Zarka, coll. «Que sais-je ?» (PUF), février 2005.

(2) RAMS : www.ramsfr.org

article paru le 28 avril 2005 sur le figaro.fr Sciences et santé